Édouard Boubat

Édouard Boubat, né le 13 septembre 1923 et mort le 30 juin 1999 à Paris, est l’un des principaux représentants de la photographie humaniste française. Son œuvre empreinte de poésie fera dire de lui à Jacques Prévert : « Boubat, un correspondant de paix. » Il est l’un des premiers photographes représenté par la Galerie Agathe Gaillard, en 1975.

Après une enfance à Montmartre, Édouard Boubat passe en 1937 le concours de l’école Estienne. Il y étudie la photogravure de 1938 à 1942. Réquisitionné pour deux années de service du travail obligatoire en Allemagne, ce n’est qu’après la guerre qu’il s’initie à la photographie. Sa première photographie, La petite fille aux feuilles mortes reçoit en 1947 le prix Kodak. Il deviendra ensuite reporter collaborateur permanent pour le mensuel Réalités puis photographe indépendant de 1967 à sa mort.

Avec son premier appareil photo, un Rolleicord format 6 x 6, Boubat réalise ses premières photographies de Lella, rencontrée à la Libération, avec qui il vit cinq ans et dont le portrait deviendra sa photo la plus célèbre. Il décide de consacrer son œuvre à la célébration de la vie et à en exalter tout le bonheur « un quotidien dépouillé mais plein de grâce et d’une plénitude intemporelle. »
 La revue Camera le publie pour la première fois en 1950, année où il réalise l’Arbre et la Poule, une des photographies emblématique de son œuvre. Il commence ensuite à être publié dans différents magazines.
À partir de 1949-1950, il fait la connaissance des photographes Brassaï, Robert Frank, Henri Cartier-Bresson puis Eugene Smith qui souhaite le rencontrer lors d’un de ses passages à Paris.

Il effectue ses premiers voyages en Italie et en Espagne et est publié dans la revue américaine de photographies US Camera (textes de Louis Stettner).
 En 1951, il rencontre Picasso qui commente ses premières images. Robert Delpire (qui vient de créer la revue Neuf) l’invite à exposer à la galerie La Hune, à Paris, en compagnie de Brassaï, Doisneau, Facchetti et Izis, exposition à la suite de laquelle il rencontre Bertie Gilou, directeur artistique du magazine Réalités. 
Après un premier reportage intitulé Les artisans de Paris (1951) puis un deuxième sur Le Pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle en Espagne (1952), il en devient collaborateur permanent.

En 1955, il participe à l’exposition The Family of Man à New-York.
 En 1970, après un voyage en Iran, il rejoint l’agence Top/Rapho fondée par Raymond Grosset. Il poursuit en parallèle une carrière indépendante qui le mène encore au Canada (1972), au Népal, en Inde à Mithila (1973), au Japon, en Roumanie, à Bodgaya pour les fêtes tibétaines (Inde du Nord) (1974), au Pérou (1975), au Kenya (1981), au Brésil (1985) et dans d’autres parties du monde..

En 1971, il est l’invité d’honneur des Rencontres internationales de la photographie d’Arles, qui lui consacrent une soirée de projection intitulée « Édouard Boubat et Lucien Clergue », présentée par Michel Tournier.
Il côtoie là encore de nombreux artistes, dont Marguerite Duras pour le film India Song et Manuel Álvarez Bravo, dont il fait le portrait, qu’il rencontre lors d’un voyage au Mexique . En 1995 il est l’invité d’honneur de la croisière photo aux Caraïbes, avec Sebastião Salgado. 
Son tout dernier reportage est consacré aux arts de la rue, à travers le cirque Romanès à Paris entre 1997 et 1999.

EXPOSITIONS

2019 Édouard Boubat, Romantique, Galerie Agathe Gaillard.

2015 Édouard Boubat, le poète voyageur, Le Mois de la photo en Nièvre, Palais Ducal de Nevers.

2008 Édouard Boubat, Maison Européenne de la photographie, Paris.

1999 1998 Fleurs, Galerie Agathe Gaillard, Paris

1998 Lella, Paris, Maison Européenne de la Photographie

1995 – Centre Pompidou, Paris ; Tokyo

1990 – Paris, Musée Carnavalet

1987 Une aventure poétique, Séoul, Musée d’Art Moderne ; Japon

1984 – Rio de Janeiro, Musée d’Art Moderne

1983 – New York, Ambassade de France

1980 – Paris, Musée d’Art Moderne

1979 – Lyon, Fondation Nationale de la Photographie

1978 – Carillo, Mexique, Musée d’art moderne ; Londres, Photographer’s Gallery

1976 – New York, Witkin Gallery ; Chicago, Art Institute. Exposition itinérante Édouard Boubat, essai rétrospectif, Paris, Centre Pompidou. 

1974 – Paris, Galerie Agathe Gaillard et Galerie Fnac-Montparnasse

1973 – Paris, Bibliothèque National de France

1971 – Paris, Galerie Rencontre : L’Inde d’Édouard Boubat

1967 – Stockholm, Moderne Museet

 

BIBLIOGRAPHIE

2015 Édouard Boubat, Méditerranée, Paris, Filigranes 

2008 Édouard Boubat, Photo Poche, Actes Sud, n° 32 

2006 La Photographie : l’art et la technique du noir et de la couleur, Paris, Le Livre de poche

2004 Bernard Boubat et Geneviève Anhoury, Édouard Boubat, Éditions de la Martinière

1998 Édouard Boubat, En souriant à l’invisible, d’Itaka Schloubach

La Bible de Boubat, Nantes, En Vues

1996 Bobin – Boubat, Donne moi quelque chose qui ne meurt pas, Paris, Gallimard

1993 Amoureux de Paris, Paris, Hors Collection/Presse de la Cité

1990 Le Paris de Boubat, Paris, Paris Audiovisuel/Paris Musées

1989 Le Boubat de Boubat, Paris, Belfond

1988 – Entretien avec Jean-Luc Monterosso de Bruno Trompiez

1986 Lella, Paris, Contrejour

Édouard Boubat, Paris, Nathan, collection Photo poche, n°32

1983 Édouard Boubat (texte de Jacques Prévert), Milan, Fabbri

Pauses, Paris, Contrejour

1982 Boubat, Paris, Belfond, collection Les Grands Photographes

1976 La Survivance, Paris, Mercure de France.

1973 Édouard Boubat, Paris, édition Lucerne.

Édouard Boubat, Miroirs autoportraits, Denoël.

1966 Édouard Boubat, Paris, Éditions Michel Brient, collection Terre d’Images.

1953 – Infinity et Camera (texte de Roméo Martinez)

1950 – US Camera et Camera (texte de Louise Stettner)

 

FILMOGRAPHIE

2022 Le Portugal dans le viseur d’Édouard Boubat, Invitation au Voyage, Arte TV.

Film 1981 Édouard Boubat, L’art et les hommes de Jean-Marie Drot (55 minutes)

 

PRIX

1997 – Commandeur de l’Ordre Arts et des Lettres

1988 – Prix de la Fondation Hasselblad

1985 – Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres

1984 – Grand Prix National de la Photographie à Paris, pour l’ensemble de son oeuvre

1977 – Grand Prix du Livre des Rencontres d’Arles pour son ouvrage La survivance.

1973 – Médaille David Octavius Hill

1947 – Premier prix Kodak au deuxième Salon International de la Photographie de la Bibliothèque Nationale de France, pour sa première photo « La petite fille aux feuilles mortes ».

Exposition(s)