Willy Ronis

Né le 14 août 1910 à Paris, Willy Ronis est le fils d’Emmanuel Ronis, juif ukrainien et de Tauba Gluckman, juive lituanienne, tous les deux exilés à Paris. Ses parents se rencontrent vers 1904 : lui est photographe, elle pianiste. Le couple s’installe dans le 9e arrondissement de la capitale.

A l’âge de 7 ans, Ronis apprend le violon. Évoluant dans une famille de mélomanes, il rêve de devenir grand compositeur de musique. A 15 ans, son père lui offre son premier appareil photographique : il s’adonne alors à la prise de vue et au tirage en amateur. Après s’être inscrit en études de droit à la Sorbonne et avoir échoué à un oral, il part faire son service militaire. A son retour, en 1932, il retrouve un père gravement malade qui lui demande de l’aider dans son atelier photographique. Par devoir familial, Ronis s’initie au travail de laboratoire et de retouche, mais l’univers de la photographie traditionnelle le captive peu. Il préfère arpenter les expositions et fréquente assidument le musée du Louvre, développant ainsi une sensibilité artistique unique.

En 1936, armé de son Rolleiflex, il photographie l’avènement du Front populaire et immortalise les manifestations ouvrières, publiant ses premiers clichés dans la revue Regards. Cette même année, la mort de son père l’oblige à vendre la boutique familiale. Désormais indépendant, il s’investit pleinement dans le photojournalisme. Il se lie avec Robert Capa, Brassaï, Henri Cartier-Bresson et André Kertész, partageant avec eux une vision humaniste de la photographie. En mars 1938, il capture une image emblématique : celle de Rose Zehner, syndicaliste aux usines Citroën, haranguant ses collègues en grève. Mais avec la guerre, Ronis refuse de se soumettre aux lois antijuives du régime de Vichy. Il fuit vers le sud de la France et met temporairement la photographie de côté, exerçant divers métiers dans le théâtre et le décor.

Après la guerre, il reprend son appareil et documente avec talent la reconstruction du pays. Il rejoint l’agence Rapho en 1946 aux côtés de Robert Doisneau et devient le premier photographe français à collaborer avec Life Magazine. La même année, il épouse Marie-Anne Lansiaux, artiste peintre et militante communiste, qui figurera sur son célèbre Nu provençal (1949). Dans les années 1950, Ronis s’impose comme un photographe majeur de l’école humaniste. Membre du Groupe des XV, il milite pour la reconnaissance de la photographie comme un art à part entière. Son travail illustre la poésie du quotidien, capturant les rues de Paris, les bals populaires et les instants fugaces de bonheur simple. En 1955, Ronis quitte l’agence Rapho, mécontent de la façon dont ses images sont parfois utilisées. Certaines, retouchées ou légendées à des fins politiques sans son consentement, s’éloignent de leur sens premier. Déçu et déterminé à exercer un droit de regard sur ses clichés, il arrête lephotojournalisme en 1972 et quitte Paris pour le Midi de la France. De 1972 à 1983, Ronis vit à Gordes, puis à l’Isle-sur-la-Sorgue. Durant cette période, il enseigne à l’École Supérieure d’Art d’Avignon, à la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence et à la Faculté des Sciences de Marseille, créant un cours d’Histoire de la Photographie. En parallèle, il répond à quelques commandes et poursuit ses travaux personnels.

Les années suivantes marquent une reconnaissance institutionnelle. En 1979, Ronis est lauréat du Grand Prix national des Arts et Lettres pour la Photographie. Trois ans plus tard, on lui décerne le Prix Nadar pour sa première monographie Sur le fil du hasard paru aux Editions Contrejour. Cette reconnaissance pousse Ronis à revenir sur le devant de la scène. Son livre Belleville-Ménilmontant est rééditée en 1984. L’année suivante, Mon Paris est publié chez Denoël. En 2002, souffrant d’arthrite, il cesse de photographier mais reste une figure incontournable du monde de l’image. Il effectue des donations à l’État français en échange d’un soutien financier jusqu’à la fin de sa vie. Il s’éteint le 11 septembre 2009 à Paris, laissant derrière lui un héritage inestimable.

© Willy Ronis, MPP, diffusion GrandPalais RMN Photo

 

COLLECTIONS

Bibliothèque nationale de France, Paris ; Centre Georges Pompidou, Paris ; Fonds National d’Art Contemporain, CNAP, Paris ; Maison Européenne de la Photographie, Paris ; Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie, Charenton-le-Pont ; Musée Carnavalet, Paris ; Musée Nicéphore Niépce, Paris ; Art Institute of Chicago, Chicago

 

EXPOSITIONS

2025 – Willy Ronis, Le Tourbillon de la Vie, La Galerie Rouge, Paris, France.

2024 – Willy Ronis : Photographe Humaniste, en partenariat avec la Médiathèque du patrimoine et de la photographie – Ministère de la culture, Espace Philippe Artidor, Duras, France.

2023 – Willy Ronis : se retrouver, Musée de Pont-Aven, France.

Willy Ronis par Willy Ronis, Powerlong Museum, Shangaï, Chine.

2022 – Willy Ronis par Willy Ronis, Le Kiosque, Vannes, France.

2021 – Willy Ronis en RDA – La vie avant tout, Espace Richaud, Versailles, France.

2018 – Willy Ronis par Willy Ronis, Pavillon Carré Baudoin, Paris XXe, France.

2017 – Willy Ronis, Jeu de Paume, château de Tours, France.

2016 – 1936, le Front populaire en photographie, Hôtel de Ville, Paris, France.

2012 – Willy Ronis, Musée d’art contemporain Kahitsukan de Kyoto, Japon.

2010 – Willy Ronis – Une poétique de l’engagement, Jeu de Paume et Monnaie de Paris, avec le concours de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine / Ministère de la Culture et de la Communication, Paris, France.

2009 – Willy Ronis : Rétrospective, église Sainte Anne, Rencontres d’Arles, France.

2005 – Willy Ronis. A Paris, rétrospective à l’Hôtel de ville de Paris, France.

2004 – La vie en passant, rétrospective à Aix-la-Chapelle, Allemagne.

2003 – Sur le fil du hasard, rétrospective, Ecole de la photographie et de l’image, Madrid, Espagne.

2002. –  Willy Ronis, rétrospective, Bibliothèque municipale de Lyon, France.

2001 – Willy Ronis, invité d’honneur de la première édition des Transphotographiques, Lille, France.

2000 – Willy Ronis. Photographies, exposition à la Fnac Etoile pour célébrer ses 90 ans, Paris, France.

1997 – Willy Ronis, à Buenos Aires, Argentine & Rio de Janeiro, Brésil.

1996 – 70 ans de déclics, Pavillon des Arts, Paris, France.

1995 – Willy Ronis, Museum of Modern Art, Oxford, Royaume-Uni.

1994 – Mes années 80, Patrimoine photographique, Paris, France.

1992 Willy Ronis, Musée de Brest, invité par l’association Camera Obscura.

1991 Willy Ronis, Musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône, France.

1990 Willy Ronis, Musée de l’Élysée, Lausanne, Suisse & au Salon d’Automne de Paris, France.

1987 Willy Ronis, Musée d’Art Moderne de Bologne, Italie.

1986 – Willy Ronis, Moscou, Russie.

1985 – Willy Ronis, rétrospective officielle au Palais de Tokyo, Paris, France.

1981 – Willy Ronis, Sur le fil du hasard, Fnac Montparnasse, Paris, puis à Grenoble, Lille, Marseille, Metz et Toulouse, France.

1980 – Willy Ronis, Musée Réattu, invité d’honneur des XIe Rencontres d’Arles, France.

1965 Six photographes et Paris, Musée des Arts décoratifs de Paris, France.

1955 Family of Man, exposition collective, MoMA de New York, Etats-Unis.

1952 Five french Photographers, exposition collective (Brassaï, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Izis et Willy Ronis), MoMA de New York, Etats-Unis.

1937 Paris la nuit, Gare de l’Est, Paris, France.

 

BIBLIOGRAPHIE SÉLÉCTIVE

Willy Ronis par Willy Ronis : le regard inédit du photographe sur son oeuvre, Flammarion, Paris, 2018

Le Siècle de Willy Ronis, Françoise Denoyelle, Terre Bleue, Paris, 2012

Willy Ronis. Une poétique de l’engagement, Democratic Books, Paris, 2010

Nues, 59 photographies, texte de Philippe Sollers, Terre Bleue, Paris, 2008

Paris, éternellement, texte et photographies de Willy Ronis, préface de Daniel Karlin, Hoëbeke, Paris, 2005 ; réédité en 2014

Willy Ronis, Phaidon, collection « 55 », Londres, 2002

Belleville-Ménilmontant, 96 photographies, Hoëbeke, Paris, Filigranes, Paris, 1999 ; réédité en 2018

Portfolio de 7 bromures signés, tiré à 30 exemplaires, préface de Didier Daeninckx, éditions Jean-Pierre Amar, 1997Willy Ronis : 1934-1987, 56 photographies,

Centre national de la photographie, Paris, collection Photo Poche, 1991 ; réédité par Actes Sud, Arles, 2005

Mon Paris, 170 photographies, préface d’Henri Raczymov, Denoël, Paris, 1985 ; réédité en 1992

Sur le fil du hasard, texte et 94 photographies, Contrejour, Paris, 1980 ; réédité en 1992

Belleville-Ménilmontant, 96 photographies, préface et légendes de Pierre Marc Orlan, Arthaud, Paris, 1954 ; réédité en 1984 et 1989.

 

DISTINCTIONS

2008 – Officier de la Légion d’honneur

2001 – Commandeur de l’ordre national du Mérite

1994 – Officier de l’ordre national du Mérite

1990 – Chevalier de la Légion d’honneur

 

Exposition(s)